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juin 08, 2026

« Comment en sommes-nous arrivés là? » ou l’histoire de l’Initiative dans la région de Port Hope

Les activités réalisées dans la collectivité en vertu de l’Initiative dans la région de Port Hope (IRPH) font désormais partie de notre quotidien. Les camions transportant de la terre sur les routes publiques, les bruits de chantier dans les quartiers, l’abattage d’arbres et les travaux en cours dans le port sont devenus un spectacle familier, et sont même source de mécontentement pour certains résidents. Derrière ce spectacle se cache une histoire qui remonte à près d’un siècle. C’est une histoire façonnée par les débuts de l’industrie, la détermination de la collectivité et une volonté commune d’offrir un avenir plus sain aux générations qui nous suivront.

 

L’IRPH aujourd’hui

Après plusieurs années consacrées à des études environnementales et à l’obtention d’approbations réglementaires et après la construction d’une vaste installation de stockage à long terme des déchets, les travaux d’assainissement ont commencé et se poursuivent encore aujourd’hui.

  • Au départ, 19 sites majeurs devaient être décontaminés à Port Hope. En juin 2026, 16 d’entre eux avaient été assainis. Les trois sites restants (le port de Port Hope et la jetée centrale, la décharge de la promenade Highland et la zone de la plage Ouest) seront tous assainis d’ici 2027.
  • Près de 6 000 propriétés privées à Port Hope ont fait l’objet de tests visant à détecter la présence de déchets radioactifs de faible activité (DRFA) historiques. Plus de 1 200 propriétés résidentielles et emprises routières ont été identifiées comme contenant des déchets.

Le projet de Port Granby s’est achevé avec succès en 2021 avec le recouvrement et la fermeture du monticule. Plus de 1,3 million de tonnes de terre ont été retirées en toute sécurité des berges du lac Ontario et stockées à long terme, en toute sécurité.

 

Historique des déchets

L’histoire de Port Hope et des déchets radioactifs de faible activité (DRFA) remonte au début des années 1930, lorsqu’une raffinerie a été construite pour extraire le radium, puis l’uranium, du minerai de pechblende. Ces matières étaient essentielles aux traitements médicaux et aux technologies émergentes de l’époque. Les normes environnementales étaient alors peu développées. Les déchets étaient couramment réutilisés ou éliminés selon des méthodes qui étaient alors jugées sûres. Ils étaient placés dans des ravins ou servaient de remblai dans des zones marécageuses. On les utilisait même pour la construction.

Des décennies plus tard, en 1975, on a officiellement reconnu que les déchets historiques étaient dispersés sur un vaste territoire dans la région. On a mené des analyses et déployé les premiers efforts de nettoyage. On a notamment retiré environ 100 000 mètres cubes de matériaux contaminés. Cependant, un volume bien plus important demeurait dispersé, ce qui a suscité des préoccupations mineures quant à la qualité de l’environnement, et laissé des stigmates durables.

Une solution décidée par la collectivité

Les résidents de Port Hope n’ont pas laissé le problème traîner. Ils ont pris les choses en main et joué un rôle clé dans l’élaboration d’une solution. En 1989, un groupe de liaison communautaire a été créé. Il rassemblait des résidents soucieux de se pencher sur les options qui étaient à leur disposition, de mobiliser le public et de formuler des recommandations au gouvernement. Après un vaste travail de sensibilisation, comprenant des assemblées publiques, des sondages et des campagnes d’éducation, la collectivité s’est prononcée clairement : les résidents voulaient que le territoire soit assaini, de manière définitive, sûre et responsable.

Cette résolution collective a abouti, en mars 2001, à un accord juridique historique entre le gouvernement du Canada et les municipalités locales, ce qui a donné naissance à l’Initiative dans la région de Port Hope.

 

Ces déchets sont-ils sans danger?

Les matières gérées dans le cadre de l’Initiative dans la région de Port Hope sont classées comme des déchets radioactifs de faible activité, c’est-à-dire qu’ils contiennent de faibles concentrations de radionucléides. À Port Hope, ces déchets sont généralement constitués de terre ou de matériaux contenant de petites quantités d’éléments radioactifs, d’uranium et de radium.

Dans leur état actuel, les déchets radioactifs de faible activité historiques de Port Hope ne présentent généralement que peu ou pas de risque pour la santé humaine ou l’environnement, à condition qu’ils soient correctement gérés et confinés.

« Les résidents de Port Hope ont autant de chances de vivre en sécurité et en santé que les gens d’autres collectivités de l’Ontario ou du Canada. Aucun effet néfaste sur la santé ne s’est produit ou n’est susceptible de se produire à Port Hope du fait de la présence d’une industrie nucléaire sur son territoire.

Les doses d’uranium estimées à Port Hope sont de 0,6 à 3,2 μg par jour. Ces valeurs sont comparables à la moyenne de celles de l’Ontario et ne représentent qu’environ 1/10 de la dose journalière admissible recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, dont les limites établies sont considérablement plus restrictives que celles des autres organisations.

Les évaluations des risques effectuées à Port Hope révèlent que les concentrations élevées d’uranium dans certains sols de la région ne présentent aucun risque pour la santé des résidents de Port Hope. »

– Commission canadienne de sûreté nucléaire (juin 2009)

Puisque les risques étaient faibles, pourquoi avoir entrepris un projet d’une telle envergure?

La réponse réside dans la responsabilité à long terme. Bien que les déchets soient de faible activité, il n’était pas viable de les laisser ainsi dispersés un peu partout sur le territoire de Port Hope. En les regroupant dans des installations contrôlées, comme on le fait dans le cadre de l’Initiative dans la région de Port Hope (IRPH), on assure une protection environnementale à long terme, on réduit l’incertitude et les inquiétudes au sein de la collectivité, et on contribue à restaurer des espaces naturels et la réputation de Port Hope, ce qui est conforme à la volonté des résidents.

L’IRPH entre maintenant dans sa dernière phase. Les travaux sont plus visibles dans les quartiers, en particulier sur les propriétés privées. Bien que cela puisse parfois causer des perturbations, il s’agit des dernières étapes d’un parcours qui dure depuis des décennies.

Les LNC continueront d’offrir aux propriétaires fonciers la possibilité de faire nettoyer leurs terrains dans le cadre de l’IRPH, avec l’intention de respecter la date de clôture du projet, en 2032.

L’histoire de l’IRPH ne se résume pas à un simple travail de décontamination; il s’agit du parcours d’une collectivité qui s’est mobilisée pour résoudre un problème complexe, guidée par la science, la collaboration et la volonté de faire ce qui est juste pour les générations futures.



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